Présent aux dernières Assises d RECA où il a pu présenter Jobotropo, Renaud Lionnet, son créateur, sera également l’un des invités des prochaines RAF d’Angoulême pour partager les nouvelles évolutions de sa plateforme d’emploi dans le secteur de l’animation (19 novembre / 15H40). Il a répondu aux questions du RECA.
1) Quel a été votre parcours avant Jobotropo ?
J’ai commencé par un bachelor Animation 2D à LISAA et, depuis ma diplomation en 2017, j’ai eu l’occasion de travailler à de nombreux postes. J’ai exercé en tant qu’opérateur compositing 2D et motion designer, et c’est d’ailleurs à cette période que j’ai appris à coder. Depuis le COVID, je suis revenu au layout décor (trait et couleurs) afin d’atteindre le poste de visual development artist et concept artist. Ces 3 dernières années, j’exerce le métier de directeur artistique et je profite de mon temps libre pour approfondir mes connaissances en 3D.
2) Pourquoi avoir créé cette plateforme ?
C’était en 2022. À l’époque, il existait des groupes Facebook qui étaient au centre de l’activité du secteur en matière d’actualités et d’annonces d’emploi. Le problème de ces espaces, c’est qu’il s’agissait de groupes pour la plupart privés, dont l’intégration se faisait sous condition de parrainage. Les nouvelles générations étant moins présentes sur Facebook, et les restrictions d’accès ne permettant globalement pas une égalité des chances d’accès à l’emploi, je me suis dit, suite à un certain nombre de conversations, notamment au Festival d’Annecy de 2022, qu’il était temps de mettre à profit ces 4 années d’entraînement au code. C’est comme ça que la première version de Jobotropo est née quelques semaines plus tard.
3) Pouvez-vous nous expliquer ce qu’elle propose ? Son modèle économique ?
Jobotropo propose une liste des annonces d’emploi du cinéma d’animation 2D, 3D, stop-motion et VFX, pour les métiers artistiques, techniques et de production en Europe francophone. Elle propose aussi un calendrier des événements, un annuaire des studios, écoles et formations professionnelles avec leurs cursus, en plus d’une carte interactive qui recense également les implémentations de ces structures dans leur différente région, pour rendre compte aussi de la diversité d’implémentation.
Concernant le modèle économique, Jobotropo est un projet que je mène seul, y compris sur la partie financement, depuis le début. Afin de pouvoir me faire aider sur le projet et de pérenniser Jobotropo, j’ai mis en place des fonctionnalités payantes pour les studios, après des échanges sur leurs besoins. Un système d’abonnement permet d’accéder à une CVthèque ainsi qu’à un système de gestion du recrutement directement sur le site, ce qui leur permet de réduire considérablement la quantité de mails reçus et d’accéder plus rapidement à l’information. Je souhaite en revanche garder le site entièrement gratuit pour les artistes.
Il est cependant possible de soutenir le projet par un don. Enfin, il est aussi possible de devenir partenaire (par exemple TVPaint) : je propose alors une mise en avant sur le site et dans la newsletter.
4) Quelles ont été et quelles seront ses évolutions ?
Depuis 2022, Jobotropo a beaucoup évolué. Dans sa première version, il s’agissait d’une page unique qui servait de relais d’information. Aujourd’hui, et toujours en écoutant les retours et les besoins du secteur, la proposition du site s’est diversifiée, avec ce que j’ai énuméré plus haut.
Il y a cependant une grande nouveauté : il est possible de créer un compte et d’y ajouter son portfolio, sa demoreel, ses expériences logicielles, etc., pour être visible plus facilement par les recruteurs, et d’indiquer sa disponibilité et son parcours. C’est un grand chantier mené depuis plus d’un an, qui tente de répondre à une problématique qui m’est souvent remontée de la part des artistes : la difficulté de rendre visibles leur travail et leurs compétences. De leur côté, les studios disposent d’un accès qui leur permet de gérer leurs annonces, les informations de leur studio et les candidatures, et de consulter les profils (de celles et ceux qui décident de se rendre visibles) dans un annuaire sécurisé, dédié et structuré pour le secteur, avec toutes les informations préalablement ajoutées par les artistes mais aussi l’accès à des statistiques sur le milieu. Autre nouveauté à venir à la fin du mois : une galerie qui met directement en avant les travaux des artistes. Pensée pour les studios, elle profite aussi aux artistes qui peuvent y montrer leur travail et se faire remarquer, quel que soit leur niveau d’expérience : c’est leur travail qui parle pour eux.
Pour la suite, je souhaite continuer à faire évoluer l’outil pour les artistes et les studios, en lien avec leurs retours et leurs besoins. Jobotropo commence aussi un partenariat avec Hadenn, une plateforme sociale et pédagogique pour la création en animation, destinée aux étudiants et aux écoles. L’idée est de faire un pont vers la fin du cursus des étudiants : les jeunes candidats seront encouragés à développer leur CV et leur portfolio sur Jobotropo, qui jouera un rôle de relais dans le suivi et l’évolution de leur carrière. Pour moi, cet avenir se joue aussi sur la mise en place d’outils comme ceux-ci et sur la collaboration entre eux, afin que tous les acteurs du milieu soient au mieux informés et formés.
5) Comment voyez-vous l’avenir du secteur ?
Il serait malhonnête de dire que l’avenir du secteur est glorieux aujourd’hui, même si la crise se stabilise. En revanche, je suis convaincu que c’est dans un effort collectif que nous arriverons à apporter un peu de lumière.
Jobotropo est une proposition qui a confirmé son utilité, parce qu’il n’existait pas de site adapté aux besoins spécifiques de notre secteur. Mais il ne peut pas fonctionner sans une dynamique vertueuse et bienveillante de l’ensemble des studios, des écoles et des acteurs financiers qui soutiennent le cinéma d’animation français. Il faudrait que chacun s’empare du sujet et propose des espaces de création novateurs, des formations adaptées à l’économie, et impulse de nouvelles idées de plateformes d’échange impliquant l’ensemble du secteur.
Nous avons des talents qui méritent d’être formés dignement et, par la suite, de travailler dans ce qui les anime. Notre art fait rêver, mais la fabrique de rêves ne peut pas se permettre d’être un cauchemar pour ses travailleurs passionnés.
Contacts : www.jobotropo.com/jobs / www.instagram.com/jobotropo/ / www.linkedin.com/company/jobotropo/home/






