L’égalité Femmes Hommes vue au travers des idées préconçues que la société applique aux couleurs : c’est le point de départ du projet de Lilou Croatto (aka Janna), Super Chat, le petit chat qui brille pour tout le monde !, lauréat du dernier concours RECA. Cette étudiante en 3ème année de DNMADE à l’ESAAT (Roubaix) a séduit le jury (Odile Perrin pour Les Femmes s’Animent, Virginie Jallot pour la SACD, Léana Richard pour la CPNEF de l’Audiovisuel, Agathe Turlotte pour Unreal Engine, Elodie Moog pour Praxinos, Jean-Marc Serre pour le MAAAV et Christine Mazereau pour le RECA) avec son petit félin pour qui le rose, c’est pas que pour les filles ! Rencontre avec Lilou Croatto dite Janna.
1) Quel a été votre parcours avant d’intégrer l’ESAAT ?
Ma passion pour le dessin et l’animation remontent à l’école primaire. Toute petite déjà je regardais des reportages sur le net qui parlaient d’animation. Et je me disais : je veux faire ça ! En grandissant, j’ai donc cherché quelles études il fallait suivre pour travailler dans ce domaine. J’avais repéré quelques formatons. Toutes post-bac. J’ai donc d’abord regardé au niveau du lycée. J’ai découvert la filière STD2A (ndlr : Science et technique du design et des arts appliqués) qui
dans mon esprit pouvait plus facilement m’emmener vers des diplômes d’art. Je suis originaire de Moselle. Dans ma région, il n’y avait qu’un lycée qui proposait ce cursus. J’ai préparé mon dossier très tôt à partir de la 5ème. Et j’ai été prise. J’ai pu suivre plusieurs options et activitées durant cette période : théâtre, arts plastiques, ambassadeurs anti harcèlement… C’est au lycée que j’ai découvert l’ESAAT par l’intermédiaire d’une de mes professeurs. C’était pour moi l’école publique la plus intéressante parce que la plus technique. J’avais déposé des dossiers pour d’autres DN MADe mais comme j’ai été prise à l’ESAAT : je m’y suis inscrite !
2) Quelles étaient vos motivations pour participer à ce concours ?
Ce qui m’a principalement encouragée, c’est cette possibilité qu’offre le concours de faire un projet en entier, de réaliser pour la première fois un film de manière plus professionnelle qu’un film étudiant. Cet apprentissage était motivant. Mais bien sûr, le sujet était aussi très important. Je suis membre active depuis 2 ans dans l’association Filles en Feu, une association féministe dans le secteur audiovisuel, située à Lille (https://www.instagram.com/fillesenfeu_asso?utm_source=ig_web_button_share_sheet &igsh=ZDNlZDc0MzIxNw== fillesenfeu_asso ). L’égalité Femmes Hommes est donc un sujet dont je parle souvent et qui me touche particulièrement. L’actualité m’a aussi encouragée à tenter ma chance.
Par ailleurs, comme j’ai l’intention d’arrêter mes études après ma licence, ce projet me permet de faire la jonction entre l’école et le marché du travail.
3) Pouvez-vous nous pitcher votre projet ? Comment est-il né ?
C’est l‘histoire de Super Chat qui joue dans la salle de classe avec les chaussures roses de la maîtresse et un ruban que lui a offert son père. Mais des camarades de classe l’interrompent et lui expliquent qu’il ferait mieux de jouer avec eux à des jeux « de garçons » et de créer de beaux costumes bleus avec eux ! Super Chat, tout triste, se réfugie dans un coin. Rejoint par la maîtresse qui lui explique qu’au Moyen Âge, le rose
était porté aussi par les hommes et qu’il ne devrait pas écouter ses camarades. Un événement fait que Super Chat vient en aide à ses camarades et les sauve d’une situation terrible justement avec son allure de Super Héros tout rose ! Les autres comprennent alors que le rose ça peut être super cool pour tout le monde.
J’ai l’impression que tout ce qui tourne autour de la femme est souvent moins bien vu dans la société que ce qui tourne autour de l’homme. Par exemple, la couleur rose, auprès des enfants, a souvent une connotation « fragile », ou « bizarre »… Un garçon ne doit pas aimer le rose. Moi-même petite je refusais la couleur rose à cause de l’injonction qu’elle colportait : tu es une femme, douce, gentille, sage donc tu dois porter du rose.
Super Chat existe depuis très longtemps. Je le dessine dans mes carnets depuis l’âge de 6 ou 7 ans. Toute ma famille, tous mes amis, mes profs
le connaissent ! Je jouais à SuperChat dans la cour en primaire et en présentant mon portfolio à l’entrée du DNMADE, il y avait une page sur Super Chat. C’est un personnage qui est partout et toujours avec moi mais dont je n’avais encore jamais « fait » vraiment quelque chose.
Quand j’ai décidé de présenter ma candidature au concours RECA, il ne pouvait pas ne pas en faire partie ! Comme Super Chat existe depuis longtemps dans ma tête, cela a été très simple de le faire entrer dans un court métrage de une minute.
4) Pourquoi ce choix d’une cible très jeune ?
C’est peut-être parce que je travaille en médiathèque, souvent avec des tout petits. Ils sont super amusants et attachants. Ils ont plein d’imagination et nous racontent plein de trucs. On peut avoir de vrais échanges avec eux. J’imagine souvent mes projets pour des cibles jeunes. J’ai envie de parler aux enfants sans les abêtir ou leur cacher des choses. Pouvoir les informer factuellement avec leur langage mais sans leur mentir. Et puis on peut leur parler avec douceur. C’est ce que j’aime. Avec des idées qui touchent aussi leurs parents. Je ne veux pas d’un discours moralisateur. Mais je veux pouvoir les sensibiliser tôt à certains sujets.
5) Quel est le principal message que vous souhaitez faire passer ?
On a le droit d’aimer ce qu’on veut. Le rose n’est pas synonyme de faiblesse et il n’est pas réservé qu’aux filles !

6) Quels projets pour l’avenir ?
Comme évoqué précédemment, je vais finir mes études cette année et donc chercher du travail dès Septembre 2026. J’aimerais travailler comme background artist à tout ce qui tourne autour du pipe du décor (layout trait, couleur, prépa fields, confo,…) . Ou peut-être aussi produire mon court métrage de fin d’étude. A l’ESAAT, on ne finalise pas nos films. On apprend en revanche à monter des dossiers de “ type CNC” . Peut-être que je pourrais financer le mien ! Le sujet de mon film est la “différence”. Court-métrage de
8minutes pour un public de 3-6 ans et il se nomme “Rufine, le dinosaure qui n’avait que trois pattes”.
A long terme, j’aimerais réussir à travailler en décor trait pour des séries, des films ou courts-métrages d’animation 2d. Et peut-être, entre 2 missions, me tourner vers la réalisation.
Contact : Lilou (Janna) Croatto Liloucroatto@gmail.com https://www.instagram.com/djianna_art/






