Isidora Vulić a débuté sa résidence sur écran d’épingles à l’Institut Sainte-Geneviève le 25 août dernier. Elle a été reçue par Anne Le Tallec (directrice des arts appliqués) et Marion Pieuchard (DDFPT) ainsi que par la réalisatrice Florentine Grelier, qui s’occupe de la maintenance de l’instrument. Elle raconte sa rencontre avec Petit-Gris et ses 103 320 épingles :
“ Cela fait une semaine que je suis arrivée dans cette résidence très particulière pour rencontrer Petit-Gris. Grâce à cette opportunité, j’ai la chance de découvrir cet outil si rare, l’écran d’épingles, et j’en suis très contente. J’avais déjà touché des écrans d’épingles auparavant mais bien plus petits, et la technique restait toujours mystérieuse, même si j’avais vu de nombreux films et documentaires sur le sujet. Je viens de la gravure et l’écran est l’invention d’un graveur, Alexandre Alexeieff. Cette technique est donc parfaite pour joindre ma passion pour la gravure et l’animation. Les outils sont les mêmes : des rouleaux, toutes sortes d’outils bricolage, beaucoup de tampons, du jeu avec le contraste et l’idée de faire ressortir le blanc dans le noir pour dessiner. J’adore ce principe de travailler à l’envers. L’écran d’épingles permet exactement cela, et il demande la même sorte de discipline et de respect envers le matériel car il reste fragile. On développe une relation personnelle avec l’outil, c’est assez magique. Chaque personne qui travaille dessus trouve sa nouvelle manière de faire, il n’y a pas de règles à suivre. C’est l’occasion pour moi d’explorer et de jouer avec ses possibilités. Auparavant les écrans d’épingles n’étaient pas accessibles et c’est une chose qui change un peu avec cette résidence. “
Quelques mots sur le projet en cours : “J’aime beaucoup travailler avec les objets et trouver des histoires qui sont en lien direct avec la technique, des liens narratifs et visuels qui fonctionnent ensemble. Ces derniers temps je me suis beaucoup intéressée aux techniques analogiques versus technologies digitales et l’écran d’épingles permet vraiment de jouer avec ces thématiques. Cela peut être une vraie richesse dans les histoires que je construis ”.
NB : Alexandre Noyer, le concepteur des écrans d’épingles modernes, interviendra dans l’établissement les 24 et 25 septembre prochain.






