En mars dernier, 2 écoles d’animation étaient admises au sein du RECA : 3IS (Élancourt) et ENAAI (Bourget du Lac). Pour une 1ère année probatoire à l’issue de laquelle elles seront (ou non !) confirmées et pourront prétendre à la labellisation. Rencontre avec Alexandre Baduel et Christophe Araldi.
1) Pouvez-vous en quelques mots présenter votre école ?
Alexandre Baduel : 3iS, c’est presque 40 ans d’histoire au service des industries créatives. À l’origine, une poignée de passionnés, des diplômés de la Fémis et de l’ENS Louis-Lumière, ont voulu créer un école pour mettre la technique et la créativité au service du cinéma. A ce jour, 3iS dispose de 5 campus en France, et des formations qui couvrent le cinéma, l’audiovisuel, le son, l’animation 2D 3D & le jeu vidéo. Les formations aux métiers du cinéma d’animation et du jeu vidéo sont dispensées exclusivement sur les campus de Paris Ouest et Bordeaux.
Christophe Araldi :
L’ENAAI a été créée en 1999. Les 1ères formations dispensées par l’école l’étaient autour de l’image dessinée, qu’elle soit fixe ou animée. Nous proposons des parcours professionnalisants sur les métiers du design graphique et du design d’espace, de la bande dessinée et de l’illustration, et bien sûr de l’animation 2D (technique traditionnelle, numérique, mixte) et du stop motion.
Depuis 2015 l’ENAAI est installée au cœur du campus universitaire de Savoie Technolac.
Pour l’année 2025-2026, nous avons accueilli près de 250 étudiants, toutes formations confondues.
2) A quels métiers formez-vous vos étudiants ?
CA : Au sortir de notre Bachelor animation, nos étudiants peuvent intégrer des productions au poste d’animateur 2D, décorateur, layout artiste, animateur VFX, etc…
AB : En Cinéma d’Animation, les débouchés sont nombreux et couvrent l’ensemble de la chaîne de production visuelle : character designer, décorateur 2D, concept artist, storyboarder, animateur 2D ou 3D, layout artist, rigger, modélisateur, FX artist, compositing artist …
3) Sur quels éléments principaux sélectionnez-vous vos étudiants ?
AB : La sélection s’appuie sur 3 points. D’abord le dossier artistique ou portfolio : on veut voir ce que le candidat produit, même si c’est imparfait. L’univers graphique, l’investissement dans les travaux et l’intention comptent autant que la maîtrise technique à ce stade. Ensuite l’entretien de motivation : c’est le moment où on évalue la maturité du projet professionnel, la connaissance du secteur et surtout la capacité à se projeter dans un métier réel. Enfin, on regarde aussi les aptitudes scolaires, non pas pour faire une sélection par les notes, mais pour s’assurer que l’étudiant est assidu et dispose des soft skills qui lui permettront de suivre le cursus.
CA : Notre 1er critère de sélection reste le projet de l’étudiant, mais aussi son discours, sa motivation. Nous échangeons avec eux sur leur portfolio, la connaissance du milieu professionnel visé.
4) Pourquoi avoir voulu intégrer le RECA ?
CA : Pour l’ENAAI, intégrer le RECA était une évidence. C’est à la fois une caution pour l’école et nos étudiants, et aussi et surtout l’assurance que nos formations correspondent aux attentes des métiers de l’animation 2D. C’est enfin pour nous l’opportunité d’intégrer un réseau riche et varié.
AB : C’est une question de cohérence, dirais-je. Le RECA, c’est le réseau qui fédère les écoles d’animation reconnues en France donc avec une vraie légitimité institutionnelle et professionnelle. Cela représente aussi pour nos étudiants, une ouverture vers un réseau de contacts avec les studios, une visibilité accrue auprès des professionnels du secteur, et une reconnaissance qui facilite l’insertion.
Il y a aussi une dimension éthique à laquelle nous sommes attachés. Le RECA porte des valeurs de qualité pédagogique, de transparence, d’égalité et d’engagement envers les étudiants. Pour finir, nous voyons aussi le RECA comme un projet collectif pour renforcer la filière dans son ensemble. La France figure parmi les grands pays de l’animation au niveau international. C’est le fruit de décennies d’investissement dans la formation, la création et la production. Participer à entretenir cette excellence est évidemment un sujet qui nous tient à cœur.
5) Quelles sont vos ambitions ou projets pour votre école ?
AB : Notre objectif principal, c’est que nos formations restent au plus près des réalités de l’industrie. Le secteur évolue vite, que ce soient les outils, les pipelines … Notre rôle est d’accompagner ces évolutions pour que nos étudiants soient opérationnels à leur sortie.
Concrètement, nous avons pour volonté de renforcer la dimension production : plus de projets longs et collaboratifs, à travers des mises en situation professionnelles proches de ce qui attend les étudiants en studio.
CA :
Nous avons pour ambition de continuer à toujours mieux préparer nos étudiants à la vie professionnelle et aux révolutions en marche, notamment avec l’IA, que connaissent les métiers de l’image. Notre positionnement sur la 2D et le stop motion n’est pas innocent, nous souhaitons continuer à permettre à nos étudiants d’intégrer avec toujours plus de réussite les studios de notre région.
Nous souhaitons aussi prochainement proposer une quatrième année de spécialisation en 3D afin d’apporter à nos étudiants un bagage technique solide et leur permettre de revendiquer une plus grande polyvalence dans leur pratique.
Sites web : https://3is-education.fr/ & https://www.enaai.fr/








