Ancien Président du RECA et ancien directeur de l’ECV Bordeaux, Vincent Chiarotto a fondé avec sa femme Caroline, ancienne directrice pédagogique, l’organisme de formation EdSquadra, une structure qui propose aux professionnels de l’animation d’apprendre à transmettre leur savoir-faire et d’accompagner les écoles dans la conformité Qualiopi et RNCP. Rencontre avec les 2 cofondateurs.
1) Vincent, comment a démarré votre histoire avec le RECA et comment percevez-vous son évolution actuelle ?
Vincent : Mon histoire avec le RECA a commencé en 2013, lorsque j’ai accompagné l’intégration de l’ECV Bordeaux. J’ai pu constater concrètement tout ce que cela change pour un établissement d’intégrer le réseau, tant en termes d’opportunités que de cadre de travail. Après plusieurs années au conseil d’administration, présider le réseau pendant un an a été un honneur, mais surtout une formidable occasion de voir la puissance de ce collectif. Le RECA joue un rôle important pour structurer le secteur et donner de la visibilité aux écoles françaises d’animation, y compris à l’international.
J’en garde avant tout le souvenir d’une période d’échanges intenses, passionnants, et marqués par de très belles rencontres humaines.
Aujourd’hui, je continue de suivre le RECA de près depuis ma nouvelle activité, et je trouve son évolution incroyable, en particulier avec le lancement de son Label. C’est une approche déterminante pour que les parents et les étudiants puissent choisir leur formation de façon transparente, surtout avec la crise de confiance actuelle autour des écoles supérieures privées.
Cette notion de label est d’ailleurs une démarche de qualité qui fait directement écho à la philosophie d’EdSquadra.

2) Quel a été pour chacun votre parcours avant de créer EdSquadra ?
Caroline : J’ai été UX Designer (on disait ergonome web dans les années 2000) avant qu’on me recrute pour développer le cursus Digital de l’ECV Bordeaux, où j’ai exercé comme Directrice Pédagogique. En parallèle, j’ai été formatrice pendant près de 15 ans dans de nombreuses écoles à Bordeaux et à Paris. Je connais donc parfaitement la réalité (et parfois la solitude) de la salle de cours.
Mon parcours de coach professionnelle m’a également permis de prendre conscience que l’enseignement va bien au-delà de la simple transmission d’expertise : c’est aussi une question de posture.
Aujourd’hui, avec EdSquadra, je transmets ma passion pour l’enseignement en accompagnant les formateurs pour qu’ils se sentent solides face à une classe et qu’ils prennent autant de plaisir à former que les étudiants à apprendre.
Vincent : De mon côté, mon parcours s’est construit à la frontière entre le terrain et la transmission. J’ai d’abord évolué pendant dix ans dans le secteur des VFX 3D, une expérience qui m’a permis de comprendre concrètement les réalités, le rythme et les exigences de la production.
En parallèle, j’ai très vite enseigné dans le supérieur, où j’évolue maintenant depuis plus de 20 ans. J’ai notamment dirigé l’ECV Bordeaux durant 6 ans. Au cours de cette facette de ma carrière, j’ai recruté et accompagné des centaines d’intervenants et des milliers d’étudiants.
C’est ce double vécu qui m’a donné une compréhension pointue des attentes des écoles. Aujourd’hui, mon rôle est de transmettre ces clés aux freelances qui souhaitent enseigner.
3) Pouvez-vous présenter EdSquadra ?
Caroline : EdSquadra, c’est le raccourci pédagogique que nous aurions aimé avoir à nos débuts. Nous avons condensé nos 30 années d’expérience combinées dans un Bootcamp de 6 semaines, entièrement en ligne donc accessible où que vous soyez, qui mêle des sessions collectives en direct et du coaching individuel.
Notre approche s’adresse aux professionnels et aux freelances qui veulent diversifier leurs revenus en enseignant, mais qui se retrouvent souvent démunis face à une classe ou épuisés par la préparation des cours.
Leur expertise, ils l’ont déjà. Notre rôle, c’est de leur apprendre à la transmettre efficacement. On aborde tout ce qui fait le quotidien d’un intervenant : de la conception d’un cours dynamique à la gestion d’une classe, en passant par l’art d’évaluer efficacement ou encore le décodage du fonctionnement des écoles.
Vincent : Côté pros, cela leur permet de sécuriser leur chiffre d’affaires, de structurer leur activité et de gagner immédiatement en légitimité. Côté écoles, les professionnels qu’elles font intervenir ne sont plus seulement des experts dans leur domaine, mais ils sont désormais immédiatement opérationnels sur le plan pédagogique, administratif et parfaitement formés aux codes des nouvelles générations.
4) Aviez-vous constaté un manque particulier dans ce domaine ?
Vincent : Oui, clairement. Aujourd’hui, les programmes de Mastère ont un besoin vital d’experts du terrain pour professionnaliser les étudiants. Le problème, c’est que les écoles ont rarement le temps ou les ressources pour former ces nouveaux intervenants à la pédagogie.
Caroline : Résultat : on se retrouve avec des experts brillants dans leur métier, mais inexpérimentés face à une classe. Ils passent un temps fou à préparer des slides interminables, stressent énormément et finissent parfois par abandonner l’enseignement, pensant qu’ils ne sont « pas faits pour ça ». C’est ce gâchis que nous voulons stopper. Transmettre est un métier et la bonne nouvelle, c’est que ça s’apprend.

5) Votre modèle est-il réservé à l’animation ou peut-il s’adresser à n’importe quel autre secteur ?
Caroline : Notre approche de la pédagogie est universelle et notre formation s’adresse absolument à tous les secteurs. Que vous soyez designer, avocat, spécialiste du marketing ou expert dans l’immobilier, les mécanismes de transmission, la psychologie étudiante et la gestion d’une classe restent les mêmes. Nous n’apprenons pas aux gens quoi enseigner, nous leur apprenons comment transmettre.
L’animation, comme de nombreux autres domaines, traverse depuis quelques temps une crise conjoncturelle. Cette situation a-t-elle un impact sur votre activité ?
Vincent : Indirectement, oui, car nous sommes très connectés aux professionnels de ce secteur. Historiquement, l’animation est cyclique, mais la période actuelle pousse beaucoup de créatifs à repenser leur modèle.
Quand les productions ralentissent en studio, l’enseignement n’est pas juste une option de repli, c’est un moyen de rester actif, de transmettre la culture du métier et de garder un pied solidement ancré dans l’écosystème. Les écoles, elles, ont un besoin permanent de ces talents pour former la relève.
Paradoxalement, l’animation n’est pas le secteur que nous accompagnons le plus chez EdSquadra. Le rythme de l’intermittence fait que les artistes s’impliquent souvent de façon très irrégulière dans l’enseignement, au gré des productions.
D’où notre projet d’aider les écoles à intégrer rapidement leurs intervenants grâce à un onboarding premium.
6) Que retenez-vous de vos premiers mois d’exercice ?
Caroline : La plus belle surprise, c’est l’engouement immédiat.
En moins d’un an, nous avons fédéré la première communauté dédiée aux intervenants du supérieur, qui compte déjà plus de 150 membres passionnés.
Vincent : Et notre plus grande réussite, c’est d’avoir transformé l’essai avec le lancement de notre Bootcamp. La nouvelle cohorte est actuellement en formation, et les retours de nos premiers alumni sont très gratifiants.
Nous avons aussi lancé notre newsletter « La Première Slide ».
Côté difficultés, le vrai challenge a été d’évangéliser notre démarche au début : faire comprendre aux experts métiers qu’une reconversion partielle vers l’enseignement nécessite, elle aussi, une vraie formation.
7) D’autres projets à venir ?
Vincent : Oui, nous passons à la vitesse supérieure dès la rentrée prochaine en proposant nos formations directement aux établissements d’enseignement supérieur.
Concrètement, nous prenons en charge l’onboarding et la formation des intervenants des écoles. Notre rôle est de les aligner aux exigences actuelles : conformité administrative (Qualiopi, RNCP), pédagogie active et posture face aux étudiants.
Caroline : C’est en effet une problématique récurrente que nous avons vécue de l’intérieur. En les formant dès le départ, les intervenants connaissent l’importance de rendre leurs syllabus ou leurs notes à temps et participent par la qualité de leurs cours à la réputation des établissements.
Et pour les écoles, c’est aussi rassurant lors des audits Qualiopi : elles peuvent démontrer que leurs intervenants ont été formés et accompagnés. C’est l’assurance de s’appuyer sur une équipe d’intervenants doublement qualifiés et des équipes pédagogiques et administratives sereines.
Avis donc aux directeurs et directrices d’écoles du réseau qui nous lisent : si vous souhaitez échanger sur ces enjeux de rentrée et alléger le quotidien de vos équipes, nous serons ravis d’en discuter avec vous !
Site web : www.edsquadra.com/






